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SAS ou SARL : comment choisir la bonne forme juridique en 2026 ?

SAS ou SARL : la question la plus posée par les dirigeants que nous recevons. Tableau comparatif, 3 cas pratiques (pharmacien, dentiste, kiné) et recommandation claire.

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Par Mikaël Madar
Publié le 5 avril 2026 · Mis à jour le 18 avril 2026

Quelle est la différence entre SAS et SARL en 2026 ?

La SAS (Société par Actions Simplifiée) et la SARL (Société à Responsabilité Limitée) sont les deux formes juridiques les plus utilisées en France pour créer une entreprise, une holding ou structurer une activité libérale (via leurs variantes SELAS et SELARL).

SAS : cadre juridique ultra-souple. Les statuts fixent librement la gouvernance, les règles de décision, les modalités d'entrée et de sortie des associés. Le président est assimilé salarié (régime général de la Sécurité sociale, hors chômage).

SARL : cadre juridique plus rigide, fixé par le Code de commerce. Gérance, procédures d'assemblée, agrément des nouveaux associés : tout est encadré par la loi. Le gérant majoritaire est Travailleur Non Salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des Indépendants.

Pour les professions libérales réglementées (médecins, pharmaciens, dentistes, kinés, avocats, architectes), les formes sont respectivement la SELAS (ex-SAS) et la SELARL (ex-SARL), avec les mêmes différences de fond.

Tableau comparatif SAS vs SARL

Capital social — SAS : libre (1 € minimum). SARL : libre (1 € minimum). Égalité.

Nombre d'associés — SAS : 1 à illimité. SARL : 2 à 100 (sauf EURL = SARL unipersonnelle).

Direction — SAS : président (personne physique ou morale). SARL : un ou plusieurs gérants (personne physique uniquement).

Statut social du dirigeant — SAS : assimilé salarié (cotisations ~75 à 80 % du net). SARL gérant majoritaire : TNS (cotisations ~45 % du net).

Chômage — SAS : non éligible (pas de cotisations Pôle Emploi). SARL TNS : non éligible.

Dividendes — SAS : flat tax 30 % (PFU) ou barème IR. SARL gérant majoritaire : flat tax 30 % MAIS la fraction supérieure à 10 % du capital + comptes courants est soumise aux cotisations URSSAF.

Cession de parts — SAS : libre (sauf clause). SARL : agrément obligatoire des associés pour la cession à un tiers.

Gouvernance — SAS : librement fixée dans les statuts. SARL : encadrée par la loi (règles de majorité pour AG, etc.).

Coût de création — Équivalent : 1 500 à 2 500 € TTC.

Cas pratique 1 : pharmacien d'officine (SELAS ou SELARL) ?

Un pharmacien reprenant une officine à 800 k€ (valeur moyenne France) s'interroge entre SELAS et SELARL.

SELARL : gérant TNS, cotisations ~35 % de la rémunération. Les dividendes au-delà de 10 % du capital + comptes courants sont soumis aux cotisations URSSAF (~35 %). Inconvénient majeur : si le pharmacien souhaite rapidement réduire sa rémunération pour privilégier les dividendes, l'économie espérée est en partie annulée.

SELAS : président assimilé salarié, cotisations plus lourdes (~80 %), mais les dividendes ne sont JAMAIS soumis aux cotisations URSSAF (uniquement flat tax 30 %). À partir d'un bénéfice net de 120 k€, la SELAS devient plus avantageuse.

Recommandation Action Conseil : SELAS pour les pharmaciens d'officine avec bénéfice net > 120 k€. SELARL en dessous.

Cas pratique 2 : chirurgien-dentiste en exercice individuel

Un dentiste à 220 k€ de bénéfice annuel, seul exploitant, souhaite se structurer.

SELARL : capital social 10 000 €. Rémunération gérance 90 k€ + dividendes 60 k€. Les dividendes sont à 50 k€ au-dessus du seuil de 10 % du capital : cotisations URSSAF sur cette fraction. Gain fiscal net vs BNC : environ 22 000 €/an.

SELAS : même rémunération, dividendes à la flat tax 30 % intégralement. Mais cotisations sociales sur le salaire : +8 000 € vs SELARL. Gain fiscal net vs BNC : environ 19 000 €/an.

Recommandation : pour un praticien seul, la SELARL reste souvent plus rentable jusqu'à 200-250 k€ de bénéfice. Au-delà, simulation obligatoire. Pour aller plus loin, lire notre [guide du passage en SELARL](/ressources/passage-selarl-medecin-dentiste-simulation).

Cas pratique 3 : kinésithérapeute qui s'associe

Deux kinés souhaitent s'associer et créer une structure commune à 50/50, avec recrutement futur d'un troisième associé.

SELARL : chaque cession de parts exigera l'agrément de l'associé restant. Si les deux fondateurs se brouillent, la sortie est compliquée. Les règles de majorité sont strictes (2/3 pour certaines décisions).

SELAS : les statuts peuvent prévoir une clause de buy or sell, des pactes d'actionnaires sophistiqués, des droits de préemption modulés. Idéal pour faire évoluer le tour de table.

Recommandation : SELAS dès que vous envisagez d'être plus de deux associés ou de faire évoluer la composition du capital.

SAS ou SARL : le tableau de décision final

Choisissez la SARL si : vous êtes seul ou à deux associés stables, votre bénéfice est entre 80 et 180 k€, vous privilégiez des cotisations TNS basses et acceptez un cadre juridique rigide.

Choisissez la SAS si : vous voulez une gouvernance flexible, prévoyez des associés évolutifs, visez un bénéfice > 200 k€, souhaitez maximiser les dividendes sans cotisations URSSAF, ou préparez une levée de fonds.

Dans tous les cas, la décision mérite une simulation chiffrée personnalisée. Les écarts de rémunération nette peuvent atteindre 15 à 20 % par an sur la durée.

Notre cabinet accompagne cette décision gratuitement dans le cadre de notre [diagnostic offert](/#contact). Pour les cas complexes (pharmacie, holding, association), nous réalisons une étude chiffrée sur 5 ans avec recommandation écrite.

Quand faut-il changer de forme juridique ?

Une entreprise n'est pas condamnée à garder sa forme juridique d'origine. La transformation SARL → SAS (ou inverse) se fait en assemblée générale extraordinaire, avec rédaction de nouveaux statuts et publication. Coût : 1 500 à 3 000 € TTC.

Moments typiques de bascule : arrivée d'un nouvel associé, dépassement de 200 k€ de bénéfice, préparation d'une levée de fonds, transmission familiale, création d'une holding.

Attention aux conséquences fiscales de la transformation : certaines plus-values latentes peuvent être fiscalisées. À étudier avec votre expert-comptable avant toute décision.

Questions fréquentes.

Quelle est la différence principale entre SAS et SARL ?+

Le statut social du dirigeant. En SAS, le président est assimilé salarié (cotisations élevées, protection sociale cadre). En SARL, le gérant majoritaire est TNS (cotisations moins chères, protection sociale moindre). Les dividendes sont également traités différemment au-delà de 10 % du capital.

Peut-on transformer une SARL en SAS ?+

Oui, par décision de l'assemblée générale extraordinaire à l'unanimité des associés. La transformation nécessite de nouveaux statuts, une publication au journal d'annonces légales et une inscription modificative au RCS. Coût total : 1 500 à 3 000 € TTC. Certains effets fiscaux peuvent s'appliquer, à analyser avec votre expert-comptable.

Un pharmacien peut-il créer une SAS classique ?+

Non. Les pharmaciens d'officine doivent exercer via une SEL (Société d'Exercice Libéral). La variante SAS est la SELAS, la variante SARL est la SELARL. Les mêmes principes de choix s'appliquent.

Quel capital social minimum pour SAS et SARL ?+

1 euro symbolique dans les deux cas depuis la loi de 2003. En pratique, nous recommandons un capital minimum de 1 000 à 10 000 € pour crédibilité commerciale et bancaire. Pour optimiser la fiscalité des dividendes en SARL, un capital social élevé peut être pertinent.

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