Passage en SELARL pour les professions de santé : simulation chiffrée 2026
À partir de quel niveau de bénéfices le passage en SELARL devient-il pertinent ? Simulation concrète avec chiffres 2026 pour un médecin, un dentiste et un kiné.
SELARL : de quoi parle-t-on exactement ?
La Société d'Exercice Libéral à Responsabilité Limitée (SELARL) est une forme juridique réservée aux professions libérales réglementées : médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, infirmiers libéraux, kinésithérapeutes, sages-femmes, orthophonistes, vétérinaires, avocats, architectes.
Elle permet d'exercer sa profession dans un cadre commercial (soumis à l'impôt sur les sociétés — IS), avec une distinction entre le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel du praticien. Le praticien devient à la fois associé, gérant et travailleur non salarié (TNS) affilié à sa caisse habituelle (CARMF, CARCDSF, CARPIMKO, etc.).
BNC vs SELARL : la vraie question fiscale
En exercice individuel (BNC), votre bénéfice est intégralement soumis à l'impôt sur le revenu (IR), avec une tranche marginale pouvant atteindre 45 % au-delà de 177 106 € (barème 2026), à laquelle s'ajoutent les cotisations sociales TNS (~35 %).
En SELARL, le bénéfice de la société est soumis à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Vous vous versez ensuite une rémunération de gérance (soumise à l'IR + cotisations TNS) et, optionnellement, des dividendes (soumis à la flat tax de 30 % OU à l'IR + prélèvements sociaux + cotisations URSSAF pour la fraction > 10 % du capital social).
Le gain vient du fait qu'une partie du bénéfice reste dans la société (taxé à 15–25 % au lieu de 45 %) et peut être investie, capitalisée ou distribuée ultérieurement avec une optimisation sur plusieurs années.
Simulation 1 : médecin généraliste, 140 000 € de bénéfice annuel
En BNC : Bénéfice imposable 140 000 €. Cotisations CARMF et URSSAF ~49 000 €. IR (tranche marginale 41 %) ~27 500 €. Net en poche : ~63 500 €.
En SELARL (rémunération gérance 70 000 €, dividendes 35 000 €) : Résultat société 105 000 €. IS ~16 500 €. Rémunération nette après cotisations ~43 000 €. Dividendes nets après flat tax et URSSAF ~22 800 €. Net en poche : ~65 800 € + ~18 500 € capitalisés dans la SELARL.
Gain cumulé sur 5 ans : ~92 000 €, dont une partie mobilisable (rachat d'immobilier pro, rachat de trimestres, transmission).
Simulation 2 : dentiste, 220 000 € de bénéfice annuel
En BNC : Bénéfice imposable 220 000 €. Cotisations CARCDSF et URSSAF ~72 000 €. IR (tranche marginale 45 %) ~55 000 €. Net en poche : ~93 000 €.
En SELARL (rémunération gérance 90 000 €, dividendes 60 000 €) : Résultat société 130 000 €. IS ~28 000 €. Rémunération nette après cotisations ~52 000 €. Dividendes nets ~39 000 €. Net en poche : ~91 000 € + ~42 000 € capitalisés.
Gain cumulé sur 5 ans : ~210 000 €. Le dentiste est le profil typique pour lequel la SELARL est quasi incontournable au-delà de 180 k€ de bénéfice.
Simulation 3 : kinésithérapeute, 75 000 € de bénéfice annuel
En BNC : Cotisations CARPIMKO et URSSAF ~25 000 €. IR (tranche marginale 30 %) ~10 000 €. Net en poche : ~40 000 €.
En SELARL : Le gain net est de l'ordre de 800 à 1 500 € par an. Sur 5 ans : ~5 000 € de gain, pour un coût de création (~2 000 €) et des frais de gestion supplémentaires (~600 €/an).
Verdict : à 75 k€ de bénéfice, la SELARL n'est pas rentable. Le kiné doit rester en BNC jusqu'à dépasser durablement les 90 k€.
Les pièges à éviter
Piège n°1 : les dividendes trop élevés. Les dividendes au-delà de 10 % du capital social + comptes courants sont réintégrés dans l'assiette des cotisations URSSAF (~35 %). Une distribution mal calibrée peut annuler le gain fiscal.
Piège n°2 : la clientèle logée en SELARL. Le praticien doit arbitrer entre apport et location de la clientèle à la SELARL. Mauvaise décision = plus-value professionnelle immédiate.
Piège n°3 : la CARMF / CARCDSF. La SELARL ne change rien à votre caisse : vous restez TNS. Attention à la déclaration DSPAMC et aux assiettes de cotisations.
Piège n°4 : le passage trop tardif. Plus vous attendez, plus la plus-value professionnelle à l'apport sera élevée (et donc fiscalisée au moment du passage).
Quand réaliser la simulation ?
Nous recommandons à tous nos clients libéraux de réaliser une simulation dès que leur bénéfice dépasse 80 k€ sur deux années consécutives. L'étude est offerte pour les clients Action Conseil et facturée 450 € HT pour les prospects. Elle inclut : simulation chiffrée sur 5 ans, analyse juridique, projection patrimoniale, recommandation écrite.
Aaron Madar, référent santé du cabinet, a accompagné plus de 40 passages en SELARL depuis 2021. [Prendre rendez-vous →](/specialites/sante)
Questions fréquentes.
Combien coûte la création d'une SELARL ?+
Entre 1 500 et 3 000 € TTC selon la complexité : rédaction des statuts, publication au journal d'annonces légales, inscription RCS, immatriculation INSEE, agrément de l'Ordre. Chez Action Conseil, nous facturons un forfait tout compris de 1 800 € HT.
Puis-je transformer mon BNC en SELARL ?+
Oui, via un apport de clientèle (avec plus-value professionnelle éventuelle, exonérable sous conditions — articles 151 septies à nonies du CGI) ou via une location de clientèle (pas de plus-value immédiate mais rémunération à déclarer). Le choix dépend de la valorisation de votre patientèle.
La SELARL est-elle adaptée aux pharmaciens ?+
Les pharmaciens d'officine utilisent plutôt la SELAS (avec option à l'IS) ou la SEL-URL, et leur passage en société est plus complexe (contrainte de détention du capital par des pharmaciens). Nous accompagnons ce type de dossier au cas par cas.
Puis-je créer une SPFPL au-dessus de ma SELARL ?+
Oui, la Société de Participations Financières de Professions Libérales (SPFPL) est une holding qui détient les titres de votre SELARL. Elle permet de remonter les dividendes en régime mère-fille (exonération 95 %) et de les réinvestir. Pertinent à partir de 200 k€ de bénéfice annuel.